Ambassade de la République du Tchad en Allemagne

Botschaft der Republik Tschad in Berlin

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SOCIÉTÉ - Ambiance festive et joie de vivre au quotidien

Midi vient de sonner en ce vendredi appelé généralement « journée courte ", car tous les agents des secteurs public et privé quittent les bureaux à 12 heures. Klaxons et rombissements de moteurs s'entremêlent. Les axes principaux du quartier administratif de N'Djaména sont bondés de travailleurs qui se rendent à la Grande Mosquée. Çà et là, s'organisent des « paris ventes" ou « paris carpes ", endroits prisés par bon nombre d'habitants de la capitale tchadienne où se réunissent des convives joyeux pour siroter la Gala, la bière locale, en devisant sur la paix retrouvée et les dernières informations, le tout sur fond de cc coupé-décalé ". Les habitants de N'Djamena, vitrine d'un pays aujourd'hui en plein chantier, retrouvent la joie de vivre. Personne ne se fait prier pour goûter à l'ivresse de la liberté. L'éveil culturel est l'apanage d'une jeunesse qui laisse libre cours à son inspiration. Dans les différents espaces de divertissement et d'animation culturelle de la ville, notamment au Centre Don-Bosco, à la Maison de la culture Baba-Mustapha ou au Centre culturel français, les jeunes talents rivalisent d'adresse et rêvent de faire connaître positivement leur pays bien-aimé audelà du Chari, du Logone ou du Lac (les principaux fleuves). La densité des textes qu'ils chantent en esquissant des pas de danse traduit à merveille l'état d'esprit qui les anime. C'est donc une génération assez consciente de son avenir, qui vit et vibre aux rythmes d'ici et d'ailleurs, mêlant ainsi hip-hop, folklore et même danse contemporaine, dans l'espoir que la quiétude actuelle ne sera plus jamais troublée. C'est au Temple du Chari Jazz,sorte d'usine à distiller de l'ambiance, appartenant à un orchestre trentenaire du même nom, que se donnent rendez-vous les nostalgiques du bon vieux temps, celui d'avant les années sombres de guerres et autres privations de liberté. Là, cet orchestre qui se targue d'être" l'âme immortelle » du peuple tchadien assure le show. Les femmes, vêtues à l'africaine, et les messieurs savourent la rumba, façon tchadienne. La journée courte du vendredi, outre qu'elle marque le début du week-end, si cher aux N'Djamenois, a la particularité d'offrir d'intenses moments de retrouvailles et de joie dans les jardins de l'Hôtel de ville de la capitale, à l'occasion de la célébration des mariages, toujours nombreux, donnant lieu par ailleurs très régulièrement à des scènes de liesse à travers les principales artères de la ville. Le samedi, on ne compte plus les cérémonies de remise de dot dans les familles, mariage traditionnel dont l'apothéose est la célébration officielle à la mairie. Bref, dans ce Tchad émergent, tout est prétexte à la fête, y compris les veillées mortuaires. Tout en prenant la vie du bon côté, ce peuple qui revient de loin ne perd pas de vue l'au-delà. Des mosquées et des églises se multiplient au gré des convictions des fidèles, enclins à manifester leur foi avec plus de ferveur. Partout, des voix s'élèvent à l'unisson pour célébrer cette ère de liberté et de prospérité que les économistes anticipent. Après la guerre qui a considérablement freiné le décollage, c'est enfin le retour du beau temps dans le berceau de l'Humanité.
Le chef de l etat Biographie