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SOUS-RÉGION - Darfour: implication au plus haut niveau

L'année 2002 va s'achever. La brise qui souffle sur le Darfour est légère. La nature est clémente. Mais ce doux climat n'est qu'un mirage. Les habitants du Darfour ignorent que leur destin va bientôt basculer. Alors qu'ils envisagent la nouvelle année sous les meilleurs auspices, la région est mise à feu et à sang. Ce qui, au début, ressemblait à une mutinerie dégénère bien vite. Deux mouvements rebelles naissentet occupent le Darfour. Il s'agit du Mouvement de libération du Soudan (MLS) et du Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE). Aussitôt le gouvernement soudanais, appuyé par des cavaliers arabes, les Djandjawids, lance des assauts contre les positions rebelles. Face à l'escalade de la violence, la population civile fuit le Darfour. La tragédie vient de commencer. Aujourd'hui plus de trois cent mille réfugiés soudanais se sont installé dans l'est du Tchad. Les conséquences sont nombreuses. L'insécurité s'installe. L'environnement se dégrade. Les pâturages et l'eau se raréfient. Les produits vivriers manquent. Dès l'éclatement du conflit, le président Idriss Déby Itno a proposé sa médiation afin de dénouer la crise. Les parties en présence ont été conviées d’abord Abeché ensuite à N'Djamena. Malheureusement, l'accord conclu en avril 2004 a vite été remis en cause. Idriss Déby Itno pense humblement que ni la paix au forceps chère à Khartoum ni les enchères prisées par les rébellions ne peuvent sortir le Soudan de l'impasse. Pour le chef de l'État, seul un dialogue franc et sincère peut porter ses fruits. Dans cette perspective, le Tchad n'a cessé d'oeuvrer pour le retour de la paix à l'ouest du Soudan. Sous les auspices du chef de l'État, plusieurs pourparlers se sont tenus: Abéché 1, Abéché 2, N'Djamena ... La communauté internationale qui partage cette vision s'est beaucoup investie. En témoignent les multiples rounds de pourparlers de paix d'Abuja. Le tout dernier a débouché sur un accord, même s'il survit difficilement. Face à la tragédie, Idriss Déby Itno estime que l'intervention d'une force d'interposition est nécessaire. Les faits lui donnent raison. Le Darfour ressemble aujourd'hui à une jungle. Les viols, les enlèvements, les tueries et autres exécutions sommaires sont légion. Les 273 gendarmes tchadiens ne sont pas en mesure d'assurer la sécurité des douze camps de réfugiés, et nombre d'entre eux ont perdu la vie dans l'exercice de leur mission. Les forces de l'Union africaine (UA) déployées sur le terrain ne réussissent pas non plus à garantir la sécurité des réfugiés. Le Tchad a été victime de multiples incursions des Djandjawids qui ont causé la mort de plus de 1 600 personnes. Des villages entiers ont été brûlés. Le bétail a été volé. Les femmes ont été violées. Récemment, la Centrafrique s'est plainte à son tour des attaques menées par les rebelles venus du territoire soudanais. La présence des Casques bleus serait salvatrice pour la région. Aujourd'hui, le risque d'assister à une « somalisation » du Darfour est considérable. Le prochain déploiement des Casques bleus produira, on l'espère vivement, l'effet escompté.
Le chef de l etat Biographie